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Terminé #11 le 01.01.17 18:36
Sans que je n'en comprenne tout de suite la raison, Tsume semblait soudain très mal à l'aise. Ah... Comme je l'avais crains, aurait-il mal interprété mes gestes ou mes paroles s'agissant de ses cicatrices ?
Mais la vérité, toute autre, ne manque pas de m'alarmer sensiblement. Fronçant les sourcils, je me redresse totalement avant même qu'il n'ait fini le reste de ses excuses.

Quoi ! Il a cassé la poignée de la porte ?, s'égosille ma moi intérieure, paniquée  – n'avait-elle pourtant pas dit de lui laisser une chance avant ? – alors que je me mets debout, contournant le bellâtre pour aller vérifier la véracité de ses dires. A l'endroit même où était vissée la poignée un peu plus tôt, il n'y avait plus qu'un trou par lequel je pouvais apercevoir le couloir, évidemment désert. Visiblement, l'autre bout de la poignée était elle aussi tombée de l'autre côté, ce qui fait qu'il était inutile d'essayer de tenter de la remettre à sa place pour espérer l'ouvrir. J'essaye, tout de même, me penchant pour récupérer l'objet métallique après avoir suivi le regard du jeune homme. Mais sans succès : mon bout de poignée tournait inexorablement dans le vide. Je soupire en gardant le regard rivé sur la tige de métal fuselé que je triture distraitement du bout des doigts.

« Non mais... », commencé-je en fronçant le sourcil, réagissant directement au mea culpa de Tsume et à sa proposition pour le moins saugrenue. « Quelqu'un va bien finir par nous ouvrir, non ? », hasardé-je sans même le consulter du regard, cognant d'ores et déjà après la porte à l'aide de cette foutue poignée : « EH OOOOH ! Y'A QUELQU'UN ? … ON EST COINCÉS  ! », cris-je, tendant ensuite l'oreille, à l'écoute du moindre bruit susceptible de trahir le présence d'un badaud ou peut-être d'une femme de ménage, allez savoir.

Mais pas un bruit, pas même l'écho d'un pas, au loin, dans le couloir principal. Alors quoi, ils étaient donc tous rentrés chez eux ? D'ordinaire l'endroit était bondé ! Bredouille, je détourne enfin mes iris sur le jeune homme, haussant vaguement les épaules pour montrer mon impuissance. Il avait l'air si confus de nous avoir enfermés tous deux ici que je ne pouvais que lui sourire faiblement, essayant de me montrer un brin rassurante.

« Bon... c'est pas grave. On a qu'à attendre ici, inutile de tout casser ! », le rassuré-je en posant ma main sur son épaule, retournant sagement m'installer à la place que j'avais occupée quelques minutes plus tôt, avant de tomber dans les vapes. Si on casse on paye, me disait toujours ma maman, autrefois. « … Après tout, ces papiers n'ont pas l'air très anciens... », je réfléchis tout haut, brandissant l'un des quelques emballages de barre chocolatée, après avoir ramenée mes genoux contre ma poitrine. « Celui ou celle qui trouve refuge ici pourrait bien revenir nous délivrer, hem... »

Là, je savais que j'étais optimiste. Mais en vérité – et pour je ne sais quelle obscure raison – je ne parvenais pas vraiment à m'inquiéter sur notre sort. Nous avions des provisions pour une semaine – même si j'espérais quand même ne pas rester ici plus de quelques heures ! – et puis... ce garçon avait l'air gentil. Non ? Si j'avais été coincée avec Sylvio ou encore ce satané Viktor Matveïev, ç'aurait été une toute autre histoire...