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#1 le 14.10.16 10:43

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Quand le roi n'est pas là, les fantômes dansent.
Pv. Zaccariah O'Shanahan

Il avait perdu sa montre. Catastrophe ! Il avait perdu son temps. Catastrophe ! Il avait perdu sa tête. Catastrophe !

Non sans déboires, le tchécoslovaque tentait de se préparer pour sortir. Il devait faire un effort pour éviter de se faire trop remarquer, pour une fois. Si tant est qu'il parvienne à retrouver cette satanée montre qu'il avait perdu. Sans elle, il ne pouvait savoir l'heure qu'il était. Et sans connaître l'heure, il ne pouvait savoir s'il était en retard ou non. La logique aurait voulu qu'il cesse de perdre son temps à chercher sa montrer autrement il finirait par être réellement en retard. Mais ce n'était pas dans sa logique à lui, non. Il devait connaître l'heure, pour une fois qu'il était pressé.

Et un bruit. Comme une délicate flatulence. Non, ce n'était pas lui. Il releva son pied droit et sourit. Décidément, il faudrait qu'il range un peu ces petites farces, étourdi qu'il était ! Il ramassa le coussin péteur et le déposa soigneusement sous un coussin du canapé, espérant être là quand un de ses colocataires s’assiérait dessus. Qui sait, peut-être aurait-il même le privilège de s'asseoir dessus le lendemain, alors qu'il aurait déjà oublié ce qu'il avait bien pu en faire ?

Trêve de plaisanteries, il venait enfin de retrouver sa montre. Et le verdict était tombé : elle était en panne. Domen haussa les épaules, peu convaincu. Tant pis. Si elle avait décidé de ne plus fonctionner, il ne pouvait rien y faire. Il en était ainsi. Tout en sifflotant, il attrapa un de ses gilets les plus discrets -bleu marine- afin de rendre plus discrète sa chemise violette. Il avait déjà fait l'effort de mettre un pantalon noir, on ne pourrait rien lui reprocher. Enfin si. On pourrait lui reprocher de ne pas surveiller l'heure.

Vite, vite. Le temps lui pressait. Il entreprit alors de descendre avec l'ascenseur démoniaque. Et en perdit aussi un temps fou, si bien qu'il manqua de se trouver coincé entre deux étages. En arrivant enfin au hall, il ne put s'empêcher de lui lâcher quelques paroles réconciliantes. « Vous les durs, taillés comme des armoires, je sais bien que vous traînez un cœur tout gros, plein de cafards. »  Il n'allait pas lui en vouloir, à cet ascenseur, s'il tentant de s'imposer comme il le pouvait.

Il tiqua. Où allait-il déjà ? Ah ! Oui ! Au bureau de Joshua. Il resta immobile, sans même penser à cesser de sourire un instant. Mais où était-ce déjà ? Une carte. Il lui fallait une carte. Il devait bien y en avoir non, accrochées par ci par là ? Et en effet, il en trouva. Bien, donc c'était où déjà le bureau du roi ? « Hum... Comme vous le carte cette montre .. Heu. Comme vous le montre cette carte » Zut, il parlait tout seul. Tant pis. « C'est par là ! » Il pointa un doigt en la direction ou il devait aller, avant de se rendre compte qu'un inconnu l'observait d'une drôle de manière. Il fut tenté de soulever son chapeau pour le saluer, mais il n'avait pas de chapeau.

S'il ne s'était pas trompé, il n'avait plus qu'à attendre son comparse. Ou il n'avait plus qu'à le trouver. Dans ces histoires de montre perdue, il n'avait même plus idée de l'heure qu'il pouvait être.
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#2 le 31.12.16 18:57

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☼ Domen ▬ Zaccariah ☼

« La mort, ce secret qui appartiendra à tout le monde. »
de Claude Aveline.

© Yamashita d'épicode


« Japonais »
« Irlandais»



La douce brise d’Octobre soufflait avidement sur le monde des morts, faisant virevolter feuilles et pétales dans le ciel. Déclenchant frémissement et plaintes de certains décédés craignant la fraicheur de l’automne, tremblements et soupirent des autres oubliés. Cette même brise qui faisait légèrement frissonner l’Irlandais de ravissement sous sa fine couche de vêtement, craignant nullement la faible température qui accompagnait le vent. Ce temps, qui lui semblait si doux et agréable pour une petite sieste sur un toit. Promis. Il en profiterait une fois sa tâche de la journée accomplie, sous un sourire narquois.

Mais pour l'heure : Le jeune homme rentrait à l'appartement « Kiss » quittant la fraîcheur pour la chaleur, deux sacs bien remplit dans les bras, qu'il hâtait de déposer à l'intérieur. Tendant l'oreille à l'affût du moindre bruit. Il semblait entendre le Nécromancien dans la chambre qu'ils partageaient quand Monsieur l'Irlandais daignait les honorer de sa présence, comme aujourd'hui. Grimaçant quelque peu en se dépêchant de ranger les courses qu'il avait acheté pour ses colocataires, abandonnant sa veste, qu'il laissait pendre au porte-manteau, avant de s'échapper de la pièce, sans demande son reste. La magie ? Très peu pour lui.

Profitant d’être à l’avance sur son rendez-vous. Le Brun descendait rapidement les marches du couloir, pour rejoindre l’appartement de son coéquipier. Il est déjà parti, lui dit-on d’un air mou. Alors qu’il retroussait les manches de son chandail noir, avec un sourire plus qu’enjoué. Déjà ? Étonnant ! Mais ce n’était pas plus mal, si cela pouvait l’éviter de l’attendre longuement en cette journée automnale. Remerciant chaleureusement la personne qui venait de lui répondre, il s’empressait de faire demi-tour, rejoignant le grand Hall de l’agence où son ami devait traîner dans les alentours. Jubilant presque de la mission qu’ils s’étaient donnée d’effectuer.

* * *

Il était en retard. Il n'y avait aucun doute possible : Il était même, clairement en retard ! Allongé sur les chaises de la salle d'attente - plus ou moins remplit en cette froide journée d'automne, jambes tendues et croisées, un bras cachant ses yeux, sur son ventre sa main était posée, se soulevant au rythme de sa respiration sereine. L'Irlandais attendait patiemment le retardataire - non sans légèrement râler intérieurement contre ce dernier. Ce n'était pas possible. N'était-il pas censé être déjà là ? Lui qui était parti en avance ? N'avait-il quand même pas osé prendre l'ascenseur de l'agence ? C'était fort probable, le connaissant.

Le bruit d’une poignée qui tourne, faisait redresser vivement le jeune homme sur son postérieur, le regard posé sur la porte du bureau occupée par la Faucheuse, qui s’ouvrait sur le monde extérieur. C’était quasiment imperceptible à l’œil, même en y faisant un tant soit peu attention. Mais au vu du nombre d’années que le Brun avait passé à observer, celle qui conduisait les défunts jusqu’à la porte d’entrée. Ce dernier avait fini par déceler le peu d’émotion qui se dégageaient d’elle. Et il mettrait la main à couper qu’à ce moment, une pointe d’agacement la gagnait pour une raison qu’il ignorait. C’était le moment parfait.

Comme le jeune homme s'y attendait : La Faucheuse quittait le bureau, et ce, - il le savait - pour un laps de temps extrêmement court - mais suffisamment long pour que l'Irlandais puisse fouiller dans les tiroirs de l'autre Guignol. C'est sans plus attendre qu'il se levât prestement de sa chaise pour se positionner jusqu'à la porte d'entrée, qu'il crochetait sans aucune honte et difficulté, quand personne ne le regardait. Pénétrant dans la pièce à pas feutrés, refermant doucement et lentement la porte derrière lui afin de ne pas se faire remarquer, il allumait la lumière. Il n'y avait pas à dire. C'était bel et bien le bureau de Joshua.

Maintenant. Il n'avait plus qu'à attendre Domen. Bien que le Brun commençait à fouiner sans lui, comme son compatriote ne semblait vouloir ramener ses miches ici. Contournant sagement le bureau, l'intrus se laissait retomber à la place du Roi, lui qui n'était qu'un simple villageois. C'était le fouillis, des piles de papiers et de formulaires traînaient ici et là. Apposant l'une de ses mains sur le tas, juste à côté de lui, caressant la feuille du bout des doigts. Il en lisait quelques-unes en s'enfonçant doucement dans le dossier du fauteuil. Quand une mélodie étrange s'élevait dans la pièce, le tirant soudainement à sa lecture.

« J'ai un joli lot de noix de coco, dibidibi qui se suivent comme des numéros, des grosses, des maigres, tous à la file indienne ! » Pardon ? L'Irlandais se penchait légèrement sur la droite. Ça venait de là. Tirant sans plus attendre sur la première poignée du placard. Rien. Il tentait la deuxième. Toujours rien. Et la troisième ? Ah ! La mélodie recommençait au moment-même où il prit en main le téléphone pour le déposer en face de lui. Haussant des épaules à la vu du nom qui ne lui disait strictement rien. Il se contentait de raccrocher au nez de celui qui tentant de joindre le propriétaire du portable et de l'éteindre avant de le remettre à sa place.

Et sa Noix de Coco à-lui, elle fichait quoi ? Quittant prestement le fauteuil pour rejoindre la porte du bureau qu'il ouvrait à la volée - si fort que les murs frissonnaient et les lémures dans la salle d'attente sursautaient en le regardant avec de gros yeux étonnés. Pour la discrétion on repassera ! Oh Oh. Mais qui voilà ! « Thregafressa Domen ! » Appelait-il d'une voix forte et autoritaire pour être sûr d'attirer l'attention de son vis-à-vis - et pas que la sienne d'ailleurs, la main toujours sur la poignée. Bien qu'il ne le disait pas en Japonais. Nul doute qu'il était capable de reconnaître son nom et son prénom. Et ce dernier, le rejoignait.

Domen près de lui. Le plus âgé déposait une main sur son épaule tandis que l'autre s'abattait sur sa poitrine. Sous les yeux perplexes des défunts qui attendaient dans la salle d'attente. C'est alors qu'il se retournait vers eux, parlant une nouvelle fois dans sa langue maternelle et d'un sérieux à toute épreuve : « Ça, c'est ce que j'appelle un poulet Mongol. » Hochant doucement la tête. Il le poussait finalement à l'intérieur de la pièce. « Je suis bientôt à vous. » Les nouveaux lémures soupiraient de soulagement en se pensant bientôt sortit de là. C'est qu'il pouvait encore attendre longtemps ..

Refermant la porte derrière eux bien plus doucement qu'il ne l'avait ouvert. L'homme aux yeux carmin, retournait s'asseoir derrière le bureau en pagaille, s'enfonçant une nouvelle fois dans le dossier du fauteuil, croisant ses doigts sur la table, relevant le nez vers le Châtain. « Je t'écoutes. J'espère que tu as une bonne excuse. » Disait-il. Comme s'il s'attendait à une explication pour son retard - ou si ce n'était que pour se moquer de ceux qui se tenaient sagement derrière un bureau toute la journée. Quelle tâche pénible cela devait être. Il était bien content de ne pas être à la place du Roi !